Les frais de scolarité universitaire au Québec sont les plus bas en Amérique du Nord. Un débat a présentement lieu dans plusieurs universités concernant le maintient du gel des frais de scolarité. Quelques fous, inconscients du manque de financement de nos universités, défendrent la gratuité scolaire, d'autres sont pour le maintient des frais sans indexation. Personnellement, je ne vois même pas la raison de ce débat; les frais devraient être au minimum indexé à l'inflation pour éviter de creuser davantage le sous-financement des universités.
Plusieurs étudiants s'endettent en allant à l'université, mais il ne faut pas voir cet endettement comme nécessairement quelque chose de mal, tout dépend de ce qu'on fait avec l'argent emprunté. L'emprunt d'argent pour faire son épicerie n'est vraiment pas conseillé puisqu'il n'y a aucun retour sur l'investissement. Par contre, le rendement que donne un niveau d'éducation élevé justifie bien un emprunt sans intérêt pendant les années d'étude. Les gens qui utilisent le levier financier connaissent bien ce comportement. L'utilisation d'un levier financier consiste à s'endetter à un moindre coût que le rendement perçu par l'investissement. C'est exactement ce que les étudiants font. Selon un rapport du gouvernement publié en 2002, le taux de rendement médian des baccalauréats s'élèvent à 12% pour les hommes et 13% pour les femmes. C'est un rendement supérieur que fait les investisseurs à la bourse de New York qui sont exposés au risque! L'endettement des étudiants n'est pas à craindre pour le Québec.
Les bas frais de scolarité profitent aux plus riches. Les subventions étudiantes sont données à des personnes ayant un revenu futur très élevé. Les vrais personnes pauvres de notre société ne réussissent même pas à obtenir un diplôme d'étude secondaire. C'est eux qu'il faut aider. De l'argent devrait être investi directement dans les familles pauvres et ainsi créer un environnement favorable aux enfants. Il pourra alors s'en suivre une meilleure conscientisation des familles à l'égard de l'éducation.
L'augmentation des frais de scolarité n'empêcheraient par les jeunes du Québec à aller à l'université. La demande pour l'éducation est inélastique, c'est à dire qu'elle est peu sensible au prix. De plus, de nombreuses bourses d'étude existent pour les étudiants moins fortunés désirant aller à l'université. La décision d'aller à l'université ou non se prend en très bas âge. Si l'on veut augmenter le niveau d'éducation au Québec, c'est directement aux familles qu'il faut subventionnner. L'accessibilité à notre système d'éducation n'est pas compromis par la hausse des frais de scolarité.
Le gouvernement du Québec est au bout du rouleau, il n'y a plus d'argent dans les coffres. Le manque d'argent des universités risques de compromettent la qualité de notre enseignement. Il faut agir vite compte tenu de l'importance de l'éducation dans la société d'aujourd'hui.