mardi 3 juillet 2007

Prix du pétrole et transport

Les variations du prix du pétrole font souvent la une de nos journaux puisqu'elles affectent toute population qui utilise l'automobile comme mode de transport. Il existe de nombreux débats sur la fixation du prix de cette ressource tant convoitée. Certains points doivent être mis au claire avant de faire un débat sur ce prix.

Le rôle d'un prix

Dans une économie concurrentielle, le prix peut-être vu comme un signal pour les consommateurs. Un prix sous-évalué par rapport au marché concurrentiel entraînera une surconsommation de la ressource. Imaginez le nombre de voitures polluantes qui circulerait sur les routes avec un prix du pétrole proche de zéro. Tous le monde posséderait une voiture et en moins de quelques décennies, le pétrole aurait disparu de la surface de la terre. C'est avec un prix raisonnable que le consommateur fait un choix de consommation raisonnable. Un prix fixé par un monopole n'est d'autant plus souhaitable qu'un prix sous-évalué. Dans le cas du pétrole, plusieurs études ont été faites par le bureau de la concurrence afin de déterminer si le prix était en effet fixé par un monopole. Jusqu'à maintenant, aucune preuve n'a pu être assez convaincante pour prouver une quelconque coalition entre les pétrolières. Il est donc plausible de laisser un marché concurrentiel déterminer le prix à la consommation. L'intervention du gouvernement pour imposer un prix plafond ne serait donc pas justifié. Par contre, quelques bémols doivent être apportés.

La taxe sur l'essence

Le prix doit refléter tous les coûts reliés à la consommation de la ressource. Dans le cas du pétrole, le prix doit tenir compte de la pollution que provoque l'exploitation et la consommation de cette ressource. En laissant le marché agir par lui-même, ni les producteurs ni les consommateurs ne tiennent compte du coût de la pollution. Lorsqu'un coût n'est pas comptabilisé dans le prix, il devient important d'intervenir d'une quelconque manière pour internaliser ce coût. Sans aucune intervention, il y aura une surproduction et une surconsommation de la ressource puisque le coût sera moins élevé qu'en réalité. En sachant que l'objectif d'un gouvernement est de s'assurer que le prix reflète tous les coûts de la ressource dans un marché concurrentiel, l'idée d'une taxe sur l'essence ( qui est très élevé au Québec) peut-être justifié jusqu'à un certain point. Une taxe sur l'essence comporte un avantage pour le gouvernement: l'efficacité. Le gouvernement peut taxer l'essence sans que les consommateurs changent leurs comportements puisqu'il est difficile de remplacer les dépenses reliées à l'essence. Ainsi, il est possible de récolter plus d'argent que si l'on taxait la poutine chez Asthon, puisque dans ce cas, il est facile de remplacer ce repas par un repas substitut.

Les bonnes conséquences d'une augmentation du prix

Chaque augmentation subite du prix du pétrole fait grogner les consommateurs avec raisons. À court terme, il est très frustrant de voir le prix augmenter de plusieurs cents puisqu'il est difficile de s'adapter rapidement à cette hausse soudaine. Par contre, une hausse raisonnable à long terme peu avoir beaucoup de bien fait. Un prix élevé du pétrole attire beaucoup d'investissement dans des produits substituts comme l'hydrogène. C'est avec un prix assez élevé que nous pouvons devenir moins dépendant envers l'essence. Avec un prix faible, aucun produit substitut ne peut se développer car il n'est pas rentable d'y investir de l'argent.

La hausse du prix du pétrole depuis les années 70 a poussé l'industrie automobile à construire des voitures plus économes et peu polluantes. Il suffit de comparer les autos d'autrefois, pesants 10 éléphants, avec les nouvelles voitures très petites, comme la Smart. Par contre, à regarder le nombre de personnes possédant de grosses voitures comme les camions ou les sports utilitaires qui consomment beaucoup, je me dis que le prix du pétrole ne doit pas être encore assez élevé...Je peux comprendre qu'il a certains emplois qui nécessitent ce genre de voitures mais ce n'est pas la majorité quand même!

Un prix élevé du pétrole profite énormément au Canada et au Québec grâce à l'alberta. On oublie souvent que la péréquation ( forme de bien-être social pour les provinces pauvres) que le Québec reçoit du Canada provient en grande partie de l'alberta et de ces pétrolières. C'est depuis quelques années que le Canada ne fait plus de déficit en partie du à l'augmentation des profits des pétrolières. Évitons de se plaindre lorsque le prix du baril augmente, le Québec en profite beaucoup plus que l'on ne pense.


L'avenir du transport

S'il n'y a pas encore beaucoup d'automobiles électriques ce n'est pas à cause d'un complot des pétrolières comme on entends souvent parler mais bien parce que le prix de l'essence est encore trop faible pour rentabiliser une telle automobile. Imaginons un peu un prix de 3$ à la pompe à long terme, je peux vous assurer que dans l'année qui suit il va y avoir une invasion de produits substituts au pétrole! Il reste maintenant à déterminer quelle sera le bien substitut au pétrole dans le transport. Est-ce que se sera l'électricité, l'hydrogène, un nouveau moteur à combustion? Seul l'avenir nous le dira car pour l'instant, aucun de ces produits substituts semblent dominer le marché.